Trail des Ecrins 2017 par Perinne

Décidément, cette année 2017 est l'année des courses improvisées !

Julien, ayant besoin de volume d'entraînement pour préparer au mieux son Ultrarestonica, "zieute" le Trail des Ecrins, prévu le week-end du 17-18 juin, une dizaine de jours avant.

Patrick Michel, étant aux manettes des tracés, David aux commandes de l'orga,et Thierry Merello au micro, nous ne pouvons effectivement que nous régaler.
Nous opterons le samedi pour la première édition de leur KV( kilomètre vertical) au départ de Pelvoux ( 3kms/950 D+), et le dimanche pour la Trans'Ecrins 57kms/3000 D+ (départ de l'Argentiere la Bessée et arrivée à Vallouise).
Patrice, Damien, Cédric, Laurence, Albé, Christelle et Nico seront aussi de la partie.
La météo annoncée est juste fabuleuse : soleil, grand ciel bleu, avec un bon zeste de chaleur, histoire de corser un peu ce baby trail de presque 60kms ;-)
Déjà, le samedi, à l'échauffement du KV vers 8h30, la chaleur est bien présente.
Je suis l'exemple de mon idole, Christelle Bard, en retirant mon T shirt avant le départ de la course pour ne courir qu'en brassière et mini short.
Bon, étant une grande angoissée de la déshydratation et des risques inhérents à la montagne , je me fais chambrer par tous les copains car je pars quand même avec mon sac à dos oxsitis rempli avec 1L d'eau ( pour moins d'1h de course), une compote, des gants, un coupe vent, une couverture de survie, etc... alors que tous les participants n'ont rien d'autre qu'un mini débardeur, un short, et une paire de bâtons ( seul équipement que j'ai idiotement occulté).
C'est donc en mode "débila de débutante de KV" que j'aborde cette épreuve.
Pour continuer sur ma lancée "neuneu", je ne trouve rien de mieux qu'essayer de suivre Christelle dès le départ de course.
Pour ceux qui ne connaissent pas Christelle Bard, c'est juste la grande gagnante du Tenerife Blue Trail de 97kms de début juin, aux Canaries, mais aussi la 3eme femme de la TDS 2016 et la 2eme femme du Grand Tour des cerces, 50kms, du Serre Che Trail Salomon 2016.
Bref, je ne sais toujours pas pourquoi je me suis dit que je pouvais la suivre. J'ai dû, sans m'en rendre compte, faire un AVC 5 minutes avant le départ, pour perdre toute ma lucidité.
Pour le tracé de course, Patrick n'a pas fait dans la dentelle : on monte droit dans le pentu sur une piste de ski pendant 3kms et 950D+. Pas de pause, pas de relance, bref un KV de montagnard !
Donc, comme prévu, j'explose au bout de 7-8minutes. Et oui, ça fait tôt pour une course, mais quand tu te prends pour une autre, c'est un juste retour de boomerang ;-)
Je suis tellement partie fort que mes cuisses se sont transformées en de vrais morceaux de bois au bout de quelques minutes et j'étais dans l'incapacité de "pousser". 
Je subis en live la dégradation de ma vitesse ascensionnelle qui passe de 1300m/h, à 1200, 1100, 1000, 900, 800, 700 ... en quelques secondes.
2 options s'offrent à moi : ou j'abandonne ( mais c'est trop la honte d'abandonner au bout de 7 minutes de course) ou je ralentis pendant quelques min pour reprendre mon souffle et mes jambes, et je poursuis ensuite tant bien que mal.
Bon, vous l'aurez compris, je continue cette montée en ralentissant le rythme pendant 4minutes environ.
Je reprends bon train ensuite pour finalement coller Caroline Freslon sur la fin et terminer à 14 secondes d'elle, en 56 minutes, en 5eme position chez les femmes ( Christelle s'octroyant la 2nde place). Comme quoi, ce type de course, ça ne s'improvise pas, même pour une galinette ;-)
Merci encore à Damien et à Nico de m'avoir encouragée durant les derniers affreux mètres de cette lente agonie ;-)
Après ce petit échauffement vertical, place le lendemain à la Trans'Ecrins avec un lancement à 6h du mat'. Du coup, réveil à 3h45.. normal pour un dimanche, non?;-)
Avec Patrice, Damien, Cédric et Juju, nous nous échauffons quelques minutes avant le départ.
Un petit briefing de course façon Patrick Michel ( "Vous n'êtes pas ici pour faire une randonnée.. les barrières horaires sont volontairement strictes... il n'y aura pas d'exception".. bref, ce doit être un ancien colonel ce Patrick ;-)), et nous nous élançons dans les rues de l'Argentiere pour passer une sublime journée en montagne.
Je pars en tête, aux côtés de Mélanie (Egalon) qui rapidement va prendre les commandes de la course.
Pour moi, le maître mot, comme d'hab, est la gestion au cardio. Je ne dois pas dépasser une certaine fréquence cardiaque et contrairement à Madère, ce coup-ci, je vais m'y tenir.
Je la laisse partir, et très vite Isabelle Jaussaud va me doubler aussi, en me saluant chaleureusement.
Pour les novices, Isabelle Jaussaud est connue comme le loup blanc. Elle a été tout d'abord en équipe de France de ski de fond, puis en équipe de France de course en montagne puis en équipe de France de trail. Une très grande athlète !
Comme prévu, je ne la reverrai pas jusqu'à la ligne d'arrivée.
Je fais donc mon bonhomme de chemin, avec ma musique dans les oreilles et des images de montagne en plein lever de soleil. Quel bonheur de pouvoir vivre ça !
Nous passons le col de la Pousterle, puis Narreyroux ( où je ne vois pas le ravitaillement en eau qui était annoncé, à priori, avec d'énormes panneaux que je n'ai même pas vus ! ah bravo pépé ! à quand la course avec un labrador?;-)).
Je reviens assez vite au contact de Mélanie qui me confie qu'elle se sent mal aujourd'hui et qu'elle va abandonner au prochain ravitaillement.
Je lui rétorque immédiatement que c'est une mauvaise idée. Il faudrait juste qu'elle ralentisse ( comme moi la veille au KV) pour récupérer des forces et que ça "reviendrait" ensuite.
Je comprends vite que sa décision est déjà prise et qu'elle arrêtera sa course.
Quel dommage ! Un peu de repos et la saison reprendra de plus belle, Mélanie.
Un petit passage au ravito de Vallouise avant d'attaquer la vraie portion montagne de ce trail.
1500 D+ d'un coup pour grimper au col de Vallouise ! j'adore ces ascensions où tu finis dans la caillasse. J'aime ces terrains hostiles et purs.
Je me régale à proprement parlé !
Une petite descente et c'est au tour du Col de la Pisse de faire son apparition.
Il passe, lui aussi, comme une lettre à la poste.
Puis la descente finale !
Au début, tu t'éclates, il fait bon, tu sautes de caillou en caillou puis les 10 derniers kms arrivent.
Ils sont en fond de vallée, sous un petit 33°C. Tu ne peux plus respirer tellement la chaleur est étouffante.
Je remplis mon biberon oxsitis en plus de ma poche à eau, pour pouvoir m'asperger régulièrement la tête et le visage.
Je commence à accuser le coup, comme tous les coureurs d'ailleurs.
Je ne vois plus la fin.. je décompte les kms sur ma garmin sauf que finalement au lieu de 57kms, il y aura 58kms. Alors, vous allez me dire : "rhoooo, 1km de + c'est quoi sur une course comme ça?".. "hey ben, c'est énorme quand t'agonises" !
Sur la fin de course, je me suis fixée de finir en moins de 8h mais je sens que ça ne va pas passer.
J'arrive enfin sur le goudron de Vallouise, je vois le clocher de l'Eglise et je sais que l'arche est à ses pieds. 
Je la franchis en 7h59'59 ( si ça c'est pas le talent !), 2ème femme, 8 minutes derrière Isabelle, et 26ème au classement général.
Tout d'abord, un grand bravo à Isabelle pour cette victoire, à mon Juju pour sa 7ème place( 2eme V1), à Cédric pour sa 8eme place (3eme senior), à Patrice pour sa 11ème place (3eme V1), et à Damien pour sa 13ème place, en mode sortie cool.
On aura encore réussi à rafler quelques podiums, même en montagne;-)
Bravo à Lolo et Albé, finishers du 34kms.
Enorme perf encore de Christelle sur le KV, qui finit à 18 secondes de Mallaurie ( 3eme au classement mondial de ski alpinisme).
Trop contente que Nico, le chéri de Christelle, signe son retour aux affaires, après une blessure bien pourrie.
Bravo à Philippe, Caro et Yana du MTC.
Merci à David, aux bénévoles, à Patrick et à Thierry, qui ont permis la réussite de ce week-end.
Et une grosse pensée à Mélanie, Lionel Cala et Hervé pour leur abandon... ça n'est que partie remise !

En conclusion, le trail est une passion dévorante, fatigante et chronophage (surtout aux yeux de nos potes non coureurs), mais elle nous procure tellement d'émotions fortes, que je ne l'échangerai contre rien au monde ! 
We are Happy because we love running !;-)"