Trail des Ecrins 2017 par Philippe

On va dire que que la prépa de cette course s'est faite dans des conditions un peu particulières. Gros dérapage houblonneux le vendredi, soit l'avant-veille du départ. L'Aprerun de Salomon s'est révélé redoutable et, nous sommes tous tombés dans la panneau. Ce qui devait être une petite soirée tranquille (au lit à 10h00) à virer au Spring Break. Bref, nous n'étions pas très frais le lendemain. Heureusement, la route était tranquille et, après un déjeuner à Mont-Dauphin, nous arrivons à Vallouise. Tout s'est enchainé... Installation dans notre chalet, retrait des dossards, courses pour manger, piscine et sieste.

Le lendemain, Lionel nous quitte très tôt pour partir sur le 57 km (il doit prendre une navette pour rejoindre le départ). Quand aux trois autres engagés (Caro, Nonce et votre serviteur), debout 5h15 l'histoire de prendre le temps de préparer pour un top départ à 7h00 précise. Nous nous lançons à l'heure dite et très vite chacun prend sa place dans le peloton. Caro prend son rythme de croisière... Nonce et moi partons un peu vite, embarqué par le flot de coureurs. D'entrée de jeu, 8km avec 1500 m D+, jusqu'au col de Vallouise (2600 m d'atitude), vue magnifique, un rêve, une certaine idée du bonheur. Alors que nous courions ensemble, Nonce finit par perdre du terrain, gêné par une douleur persistante au genou. Quant à moi, je prend mon envol... Une course exemplaire en termes de gestion de l'effort, toujours à la relance dès que c'est possible. Après le col de Vallouise, belle descente qui alterne névé, pierriers et prairies jusqu'au premier ravito, pas de solide, juste de l'eau de source pour se réhydrater. Le second gros D+ commence là jusqu'au col de la Pisse (15ème km). Plus dure qu'il n'y parait, les bâtons deviennent un atout stratégique. Si je me réfère au profil, cela ne devrait faire que descendre, belle illusion car le tracé est très irrégulier, les casse-pattes ne manquent pas mais je cours tout le long, porté par un mental d'acier (allez savoir pourquoi). Suit ensuite une descente sans fin assez technique mais roulante jusqu'au ravito du 24ème km. Pas question de perdre des places, je ne laisse personne me dépasser... Je sens que j'ai de l'énergie. Enfin au ravito, je prend mon temps. J'ai perdu Nonce de vue depuis un moment déjà mais je pense qu'il ne doit pas être bien loin. Commence ici, la partie la moins "glamour" du parcours... Des passages de routes et de sentiers (single track). Il commence vraiment à faire très chaud, nous courons en plein cagnard. Donc à fond vers Vallouise, parcours ponctué de casse-pattes là encore. Je commence un peu à souffrir mais cela reste gérable. 30ème km, je me prend un gamelle bien comme il faut, tête la première de tout mon long. Je reprend tout de suite mes esprits et je repars, pas le temps de regarder si je suis blessé. Plus que 4 km, très en jambe finalement. Petit verre d'eau à l'entrée de Vallouise, plus que 2,5 km, ça commence à être long mais je suis sur un temps inférieur à 5h30, c'est motivant. 500 derniers mètres, j'allonge la foulée, j'accélère. Enfin la ligne d'arrivée. Je suis heureux.
Nonce me suis d'une vingtaine de minutes, Caro arrivera un peu plus tard. Tous finisher !