Marathon du Mont Blanc par Etienne

Allez, comme promis, un petit CR du MMB s'impose pour vous remercier de tous vos messages. Si vous aimez la lecture, faites-vous plaisir :)

Alors, déjà, le Marathon du Mont-Blanc, en gros, c'est composé de 3 tronçons : 18 km 600 D+ hyper roulants, puis 13 km 900 D+ avec le mythique col des Posettes et 11 km 1200 D+ pour une partie finale qui semble, et qui le sera, infernale (j'y reviendrai plus tard).

Donc, tout commence le vendredi à 8h. Le voyage vers Chamonix ne se fait pas seul, je récupère Melle Dmx qui va participer au Duo Etoilé le dimanche matin (initialement prévu le samedi soir mais reporté pour mauvaises conditions météo annoncées) pour un covoit animé. Animé, c'est le moins que l'on puisse dire, Philippe aurait été dans son élément, Nostalgie et Chérie FM tournent à plein régime, les voix aussi, enfin surtout celle de Coline, pas assez de Balavoine pour moi :) Le voyage passe vite, Coline retrouve ses potes à Cham et je file chez mes parents.

Samedi matin, petite balade de 5 km pour dégourdir les jambes. Mais les sensations ne sont pas là, les mollets sont toujours douloureux depuis une séance 8x30"/30" le mercredi. Je me dis qu'avec une bonne nuit de sommeil, ça peut aller mieux. On verra demain.

Dimanche matin donc, réveil à 4h30, malheureusement les mollets sont toujours aussi durs, là ça commence sérieusement à douter, même pour simplement finir la course. Finalement, 1h plus tard, c'est le départ pour Cham avec pour objectif de profiter à fond de la course et de la chance que j'ai de pouvoir être présent sur un tel événement. Donc, basta les états d'âme. Arrivé sur place à 6h comme voulu, je rejoins le lieu de départ et m'échauffe 10-15 min comme je peux. 6h30, il est l'heure d'aller sur la ligne de départ pour avoir une bonne place et éviter les ralentissements. La température est parfaite, il fait frais, le soleil joue encore à cache-cache avec les nuages, de la pluie est annoncée (coooool, ce que je voulais !!!!). 6h50, les élites viennent se placer et à 7h, pan !!!, les chevaux sont lâchés dans les rues de Chamonix noires de monde. Quelle ambiance (et c'est que le début) !!!

2-3 km de route pas très passionnants puis on débouche sur la forêt. Les montagnes russes peuvent commencer. Plein de petites bosses où il faut se contrôler sous peine de se mettre dans le rouge. Les sensations au niveau des mollets sont pas fabuleuses mais ça va, le reste est bien, le cardio est géré comme prévu. On arrive rapidement au premier pointage au km 9 où se tient un ravito liquide que je laisse de côté. Un monde fou à la sortie du ravito et au début de la petite montée qui s'ensuit. On se croirait sur le Tour de France, énormé !!! Ca continue de monter/descendre et on arrive rapidement au Col des Montets, sommet du premier tronçon, où la pluie annoncée fait son apparition sur les coups de 8h15. Mais, c'est un déluge qui s'abat sur nous pendant 20 bonnes minutes (Noé aurait pu en témoigner), le temps d'arriver à Vallorcine, fin du premier tronçon, pour le premier vrai ravito, en 1h36, dans les temps de passage. Un verre de Saint-Yorre, un morceau de banane et c'est reparti pour attaquer le 2e tronçon.

A peine sorti du ravito, c'est parti pour le Col des Posettes, 4,6 km 720 D+, puis 1 km 200 D+ pour aller chercher l'aiguillette des Posettes. Dès le début de la montée, la transition entre les deux tronçons est délicate. C'est très très raide sur les 2 premiers km, impossible de courir, même en marche je me traîne, ça sent pas bon. Je m'accroche mais je perds des places. Sur la deuxième partie, c'est plus "roulant", ça va un petit peu mieux, j'essaie de relancer quand c'est possible, mais les sensations ne sont pas là, va falloir faire avec. Pour couronner le tout, un épais brouillard vient s'installer et nous gâcher la vue. Il fait froid, trop froid. Mais heureusement, l'aiguillette des Posettes est atteinte assez "rapidement" et je me dis que les sensations vont revenir lors de la bascule. Et ben non, la première partie de la descente est catastrophique pour moi, c'est hyper technique (racines, rochers ultra glissants) et je suis incapable de m'engager, l'impression d'être un randonneur. Je continue de lâcher quelques places. Heureusement, on arrive enfin sur une portion où je suis un peu plus à l'aise et où je peux relancer un peu. J'arrive au Tour, mes parents sont là, ça fait du bien de les voir à ce moment-là. Je continue et 2 km après, c'est le ravito de Tré-le-champ au km 31. J'arrive en 3h28, toujours dans les temps. Bon ça c'est fait. Enfin ça c'était avant...le drame : le juge de paix des 11 derniers km avec quasiment la moitié du D+.

Donc, sortie de ravito, on monte direct pour aller chercher le Béchar, quelques 200 D+, et là, impossible de relancer la machine, le cardio ne veut plus décoller. Je monte tant bien que mal mais pas bien vite, je relance de moins en moins. La descente arrive, mais trop technique, comme pour les Posettes, impossible d'envoyer. Surtout que sitôt la descente terminée, on entame la fameuse montée vers La Flégère. C'est là où mon mental m'a lâché, je sais pas où il est passé, il a dû tomber dans le ravin. Je me retrouve derrière un mec qui monte pas super vite et je ne peux que me contenter de le suivre, mes jambes veulent le passer mais ma tête ne veut pas et n'en fait...qu'à sa tête. Ce sera comme ça jusqu'à La Flégère. Heureusement, la chaleur n'est présente, sinon je pense que ça aurait pu être pire. Quoique, 1h25 pour faire 6 km 725 D+, je sais pas si c'est possible de faire pire :D A ce moment-là, je fais une belle croix sur les 5h30 et je suis pas loin de la faire sur les 6h. Il reste alors 5 km, je me dis d'en profiter et de me faire plaisir. Les 4 premiers km sont sur un sentier en balcon vallonné, magnifique avec le soleil revenu, comme les jambes (les mollets tiendront le coup jusqu'au bout). J'arrive à tout courir, je me sens pas trop mal. Ayant fait une croix sur le 8 km/h de moyenne, je me dis qu'il faut pas que je laisse passer au minimum le 7,5 km/h. J'arrive dans le dernier km, je vois le monde qui nous attend au téléphérique, ça booste, mais pas suffisamment, je suis fatigué, j'ai qu'une envie : dormir. J'arrive au sommet en relançant et là, surprise, il y a encore une petite descente à faire avant une remontée raide de 50m pour passer l'arche. Là ça m'achève. Même les encouragements du nombreux public n'y font rien. Je cours jusqu'au bout mais l'envie n'y est plus. Je franchis enfin l'arche à 12h41, tiraillé entre le soulagement, et le bonheur, d'en avoir fini sans avoir vraiment explosé, en tenant 7,6 km/h de moyenne, et la déception de ne pas avoir rempli le contrat.

Vous vous demandez maintenant ce que devient Coline dans tout ça ? Et ben elle m'annonce que sa binôme du Duo Etoilé est tombée deux fois dans la descente avec une récompense à chaque fois : une entorse de la cheville et un probable nez cassé. Elles redescendront finalement les 400 D- depuis le poste de secours et franchiront malgré tout la ligne d'arrivée en 4h50, sur ses deux jambes pour l'une, sur une jambe et un bâton de bois pour l'autre. 4h50 pour faire 17 km 1350 D+, je pense que c'est un record dans l'histoire du MTC, donc Coline, je te renouvelle mes félicitations XD

S'ensuivra une fin de journée à profiter de la vie chamoniarde avec Coline, à fêter nos performances respectives (enfin surtout la sienne) et nous pourrons laisser Chamonix retrouver son calme avant de vibrer de nouveau fin août.

ps : Ania, t'as pas de souci à te faire, Coline ne risque pas de te concurrencer au niveau de la bière XD