Mon premier 30Kms by Salomé

 

Mon premier CR pour mon premier 30k – Alpin trail de Pichauris – 11/11/18
A l’approche de mes 30 ans, je voulais passer à la distance supérieure et faire 30 bornes. J’ai hésité avant de me lancer. En voyant que j’étais plutôt en forme aux entraînements et après avoir parlé à plusieurs Mtciens expérimentés, j’ai choisi Pichauris. Les avis de chacun m’ont bien aidé pour le jour J : merci Ludvik pour le conseil du collant, j’ai évité plusieurs égratignures ! Merci Anne-Marie de m’avoir prévenue de la difficulté à la fin, je me suis préservée ! Merci Lio d’avoir dit « attention aux chevilles » et Nico de m’avoir conseillé de ne pas y penser, au final rien n’est arrivé ! Ce qui m’a rassuré aussi, c’était la présence d’un grand nombre de Mtciens le jour J. Rien de mieux pour le moral que de se savoir entourée par une bonne team. Et un bon apéro nous attendait à l’arrivée ! 
Je dois d’ailleurs faire un aparté sur le défi qui a commencé une semaine avant la course. Après une soirée encore beaucoup trop arrosée (Caro R s’en souvient encore… ou pas, d’ailleurs !), je ne suis pas allée à l’entrainement du samedi matin (raison officielle : la pluie / raison officieuse : je vous laisse deviner). Cette sortie était pour moi L’ENTRAINEMENT SPÉCIAL PICHAURIS - le dernier avant la course où je pouvais faire « du volume », tranquillement. Bref, c’était l’échec TOTAL de ne pas y aller. Heureusement, je suis quand même allée courir l’aprem avec Marlyse, on a fait une belle sortie. J’échange avec Lisa ce jour-là : elle m’informe qu’elle va essayer de ne pas faire d'apéro jusqu’à Pichauris et me propose de la suivre dans ce défi… BANCO ! J’avais trop abusé, c’était le moment où jamais de me rattraper de l’écart du vendredi. Hé bien, contre toute attente, j’ai TENU ! J’ai bu une menthe à l’eau un vendredi soir… c’est dire ! Il a intérêt à être bien ce trail !!!
Revenons-en, au trail. Je me suis donné de bonnes dispositions pour arriver en forme : la veille, je dormais chez ma sœur, habituée des courses, ça me rassurait. Le matin, on se fait un super petit-dej de compet’. On part à la bourre (c’est de famille) mais on se gare très facilement et on ne fait même pas la queue pour récupérer notre dossard : Daphnée nous accueille avec un grand sourire et atteste de notre existence. Il nous reste 20 minutes : le temps de boire un thé et de laisser nos affaires dans la voiture. On a à peine le temps de revenir vers le départ qu’on entend déjà la voix de Kamel échauffer la foule et annoncer un départ imminent ! On retrouve Baptiste, Marlyse, Danny & Thierry : le temps de faire un selfie et c’est parti !
Le départ se fait sous la pluie alors qu’on nous avait promis des améliorations… Heureusement, un traileur a ambiancé le départ : sur des airs de Ukulélé, il chantonne joyeusement (ça parle marin, vieux bar miteux, alcool et cigarette). Il détend l’atmosphère, on l’applaudit. La première DFCI se fait donc dans la bonne humeur et passe vite. Je croise Seb tout sourire qui est venu pour nous encourager : parfait pour bien commencer la course ! …jusqu’au bouchon avant le premier single... qui me permet quand même de rattraper Marlyse et dire bonjour à Marine qui nous encourage, avec le sourire. La première descente se fait tranquillement, il y a du monde. On remonte une DFCI, je me sens bien, la température est parfaite : la pluie a laissé place à un léger vent, il doit faire une quinzaine de degrés. J’essaie de m’accrocher à Marlyse. Lorsqu’on quitte la DFCI, on se sépare (pause technique oblige). Je continue en me disant qu’elle me rattrapera. Je continue mon petit bout de chemin, toujours en forme, jusqu’au Pic du Taoumé. La monté commençait un peu à piquer mais j’ai la bonne surprise de retrouver Quentin au sommet, qui m’encourage ! Il m’accompagne sur quelques mètres, jusqu’au premier ravito (9e km). Ça m’a reboostée, je me sens bien ! Je m’arrête rapidement pour croquer une orange, avaler un abricot, un bout de banane, sous le regard bienveillant de Quentin qui m’assure que ça me donnera plein d’énergie pour la prochaine montée. Je me souviens que le prochain ravito est au 26e km donc je garde mes réserves dans mon sac. Quentin me donne rendez-vous au Garlaban, je repars confiante. La descente se passe bien, les odeurs de thym et romarin remontent comme un shoot dans mes narines. J’avance. J’aperçois une croix à l’horizon, je me demande à haute voix si ce n’est pas le Garlaban. Les deux traileurs derrière moi n’ont pas l’air de savoir (ils avouent qu’ils devaient faire la reco mais qu’ils ont « malheureusement eu un empêchement extra-sportif » ! Ça me rassure : ça n’arrive pas qu’à moi !) Derrière, quelqu’un nous confirme que le Garlaban est à 4km. Je suis étonnée que ce soit déjà là ! Ça me motive, je relance. Mais finalement, la montée est longue. Je commence à fatiguer. Je me retourne de temps en temps, espérant voir Marlyse. Mal de dos, jambes lourdes… J’essaie de ne pas y penser et de forcer mon cerveau à penser positif. Finalement, après quelques kilomètres douloureux, une éclaircie pointe le bout de son nez. Je relève la tête (je réalise que je regardais souvent mes pieds), quelqu’un s’écrie « ah, du soleil ! », j’aperçois au loin la (vraie) croix du Garlaban : le moral revient ! Je relance en me disant qu’une fois le Garlaban passé, j’ai fait le plus dur. Dans la (raide) montée jusqu’à la croix, j’aperçois un t-shirt rouge MTC devant moi, je m’écris « c’est toi, Gérard ? », j’accélère pour le rattraper, contente de voir un visage familier ! On court quelques mètres ensemble, on entend la voix de Quentin (lui aussi en t-shirt rouge MTC, qu’est-ce qu’on est corporate !) qui nous encourage encore ! Pause photo sur le Garlaban. Je repars dans la descente, le moral regonflé à bloc. Un passage technique arrive rapidement, glissant. Je croise une fille qui remonte en sens inverse, on dirait qu’elle s’est blessée à la cheville. Elle me dit que ça va. Je me dis qu’il faut que je redouble de vigilance. La descente continue, moins technique mais longue. Je sens que ça tape au niveau du dos. Mais en même temps, je me sens à l’aise, je continue. Arrivée au ravito d'eau, j’ai le droit à une petite vidéo-question d’un organisateur. Je raconte que c’est mon premier 30km (en buvant de l’eau), on m’encourage et on me prévient que c’est la dernière montée difficile mais qu’elle est technique. Au bout de quelques mètres, ça commence à être bien rocailleux, avec beaucoup d’humidité, on s’enfonce dans la nature. Difficile de courir, on marche car le sol est glissant. Derrière moi, un traileur entame la conversation. Il me dit qu’il est de Picardie, qu’il vient d’arriver à Marseille. Je lui fais un peu la promo du club, de la Galinette… Finalement, la montée passe vite en discutant ! On se suit jusqu’à la « fameuse » chaîne. J’y retrouve Danny & Thierry, devant mois, dans la queue pour grimper. Ils ont l’air en forme et je suis contente de les voir ! Il y a du vent, je me refroidis, mais l’équipe de bénévoles met l’ambiance, j’oublie vite mes soucis. On continue sur des vasques humides, c’est beau mais glissant, ça demande beaucoup d’attention, c’est fatiguant. On est contents quand on peut enfin courir à nouveau sur un sentier. A la jonction avec le parcours « Sport », j’entends la voix de Caro dans mon dos. Je suis contente de la retrouver elle aussi ! Chaque personne croisée sur le parcours me rebooste à fond. On discute rapidement, ça m’aide à finir la montée. Là, Daphnée est avec un petit groupe et nous encourage avec énergie. Le moral est au beau fixe. Je fais une pause rapide au dernier ravito (classico Orange Abricot Banane + Tuc) et c’est reparti. On nous dit « le 30 km c’est à droite, le 16km en face ». On s’encourage avec Caro avant de se séparer. Je relance la course à mon rythme, je suis bien. Jusqu’au moment où on se fait de moins en moins nombreux sur le sentier, et qu’il n’y a plus de balisage ! On est un petit groupe de 5 personnes, on a l’air un peu perdus. Je monte jusqu’à une antenne où un randonneur avec son chien me dit de redescendre de l’autre côté. Je décide d’appeler Charlotte : elle doit être arrivée, elle pourra m’indiquer le chemin. Elle répond tout de suite, mais en discutant je me rends compte qu’on n’est pas au bon endroit. On revient sur nos pas et on croise un coureur qui a la trace et a fait la reco. Il nous confirme qu’il y a une boucle qui part et revient au ravito. On retrouve le balisage, ouf ! Ça met un petit coup au moral de se perdre… Sachant que je m’étais fixé 4h30 et que l’heure tournait… Et que je n’étais plus sûre d’avoir fait le bon parcours... Je repasse finalement par le ravito où j’informe les bénévoles qu’on s’est perdu. J’attaque la dernière descente : 3.5km. On entend en contrebas la voix de Kamel qui acclame les arrivées. Ça me booste, je relance une dernière fois avec l’énergie qu’il me reste (merci les lasagnes du jeudi !). Enfin, je vois l’arche d’arrivée, je donne tout dans mon sprint final. Kamel dit mon nom, j’entends les applaudissements des copains, je suis contente ! C’est fait !! 
Bilan : j’ai mal au dos mais mes 2 chevilles sont intactes et ça, c’est l’essentiel. Je finis en 4h35, je suis contente. Je vois des sourires sur tous les visages Mtciens, ravis d’être là, on trinque et je peux ENFIN boire une (ou trois) bières ! Un premier 30km réussi. Merci le Marseille Trail Club.