Semnoz by MTC

201709 SEMNOZ ANIA

 

Pendant que certains tournaient autour du Mont-Blanc, Ania, notre petite fusée de l'Est si hisse sur la première marche du podium du trail négatif du Semnoz (11kms et 1290 D-).

Bravoooooooo !!!

MTC Power !!!! ⯑⯑⯑⯑

OCC et TDS by MTC


Édition spéciale Mont-Blanc :

OCC et TDS: 2 partants sur chaque course, 4 finishers !!!

Un grand bravo à Sofia, Bernard, David et Jean-philippe !!!!

4 beaux finishers des ces magnifiques courses.

MTC Power !!!!

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GR20 2017 by Sophie

   

"J'ai raté mon gr20 en 3 jours, oui, et alors?"

Tout d'abord, je voudrais faire une spéciale dédicace à ceux qui m'avaient donné quelques tuyaux pour ce projet, et particulièrement à ceux qui m'ont dit que le sud "c'est roulant". Et également un gros big up aux patrons de refuges,  dont l'hospitalité sans bornes pour les "petites" fut une grande aide.

Je décide donc, après que l'on m'ai à de multiples reprises conseillé de faire Nord-Sud, de faire Sud-Nord. Dimanche dernier, après un mariage à Bastia plus qu'arrosé ⯑, je dois rejoindre le point de départ, Conca. Débute alors ce qui fut probablement la journée la plus dure de l'aventure. Ravie d'arriver dans mon petit gite de départ, enfin un lit pour une bonne nuit de récup!!! Mais c'est là que je fais connaissance avec celles qui deviendront mes plus fidèles compagnons pour les jours à suivre. Nuit atroce. Ravie donc de me lever à 5h, échapper à ce lit de malheur, et de me lancer sur les sentiers, la fleur au fusil, les yeux en pétard, aucun problème je ne suis pas une fillette ⯑!

Je ne sais pas trop jusqu'ou je vais, mais je veux pousser au max, sur cette partie "roulante". J'avance bien, c'est magnifique, je gère bien les pauses et l'alimentation ( c'est là que débute mon addiction à l'orangina). Puis il se met à faire un peu chaud... ça tape sévère, et ça monte beaucoup. Je bois dans à peu près toutes les rivieres que je croise. Mais j'avance. Puis débute le passage des "crêtes". Je vois ma vitesse décroitre progressivement. Je me rends compte que mes grands projets de faire 80 km risquent d'être durs à réaliser. En parallèle, je me rends compte qu'au prix des refuges et des oranginas, je n'aurais pas assez d'argent pour tout le gr. Je suis pas trop mauvaise en maths d'ordinaire, mais là j'ai merdé. Bien sûr la cb n'est prise nulle part.enfin si peut etre. Mais peut etre pas. Parfois. Les avis divergent. On m'explique que la seule façon de retirer c'est de s'arreter a vizzavona puis prendre le train pour Corte, soit au moins une demi-journée de perdue. Je poursuis tout en réfléchissant, puis commence à fatiguer. Vers 19h15, 60km et 4700 de d+ ( et oui dans ce sens la ça monte le gr sud!!!) je m'arrete dans un refuge voir si je peux manger un bout avant de poursuivre au suivant. Et le patron me dit " et non c'est 19h le repas". Je comprends que ça va etre pareil apres... voyant probablement mon air désespéré, il me demande " mais tu viens d'où comme ça?". De Conca. " ouh putain la petite elle vient de conca". Ils me regardent tous les 2. " entres, tu manges avec nous et tu restes là!". Ascenceur émotionnel. Comment refuser cette invitation pour poursuivre seule dans la nuit sans manger jusqu au prochain refuge??? Je cède, et partage avec plaisir ce délicieux repas ( et cette délicieuse pietra) avec JJ et PA, Corses exemplaires de la tête au pied, de l'accent aux tatouages, je vis un mythe. Douche chaude offerte ⯑. J'ai alors un choix crucial à faire : dormir avec le patron, ou avec les punaises. Présenté exactement comme ça. C'est non sans désoeuvrement que je choisis les punaises. Je me dis qu'il m'en voudra mais tant pis. Moi je m'en veux toute la nuit en tout cas! Et le lendemain, loin d'être rancuniers, ils m'offrent le petit déj. Et refusent que je paye quoi que ce soit. L'un d'eux doit venir me voir à Marseille pour une intervention, je dis donc, après les avoir mille fois remercié " bon ben il ne me reste plus qu'à ne pas te rater". Ce à quoi il répond " si tu me rates, je te tue".

Sur ces belles paroles je prends congés de mes hôtes, avec pour seul regret qu'ils n'aient pas voulu faire une petite photo souvenir. Il est donc assez tard, et se profile clairement le fait que je ne rentrerai pas dans mes 3 jours. Il me faut du cash. Et cette nouvelle nuit sans dormir ( encore plus atroce que la premiere) me pèse, je ne suis vraiment pas au top. C'est beaucoup de descente jusqu'à Vizzavona, je m'endors en courant.., je lève un peu le pied, et prends la (sage!) décision de m'y arrêter à l'hotel, dépunaiser mes affaires, dormir, et aller retirer.

5 bonnes heures pour ces 33km ( donnés pour 28, le km corse semble un peu plus petit que le métropolitain). Pause salvatrice!

Je repars donc requinquée le mercredi matin, avant le lever du soleil. Grosse journée en perspective. J'aimerais atteindre Le refuge de Thigjettu, où j'ai réservé, de façon très ingénieuse. Soit théoriquement 57km environ, 3700 d+, dont 20 bornes vraiment roulantes. Je suis en pleine forme. Le lever de soleil est magnifique. Tout est magnifique. Tout va mieux.   Arrive enfin une portion qui me fait comprendre que "le nord, c'est très technique". Je suis bien, j'avance lentement mais ça ne m'inquiete pas. Vers 14h, arrivée au refuge se Mangalu, je décide de ne pas m'arreter manger vraiment, je suis assez nauséeuse depuis ce matin (abus de charcut la veille, ou peut être d'eau de rivière...), et histoire de pas perdre trop de temps. Je discute avec deux jeunes qui viennent du nord, il me confirme la partie roulante à venir, avec " au milieu" (soit en théorie dans une douzaine de km) une épicerie. C'est donc environ 2h30 plus tard, après 18 km, une erreur d'orientation, et très faim, que j'arrive sur l'épicerie. Je mange un bout et prend de quoi manger ce soir, puisque je serai hors délai repas. Je repars, ça roule encore un peu, me reste apres une derniere montée puis une descente avant le refuge à atteindre. Et là, brutalement, tombe la barre des 12h. Je sais pas d'où elle sort celle là mais c'est toujours pareil, après 12h ça va plus. Je n'avance plus. C'est l'horreur. Ça reprend en faux plat montant. Impossible de courir. Quand au loin, perché à flanc de falaise, haut, très haut, j'aperçois un refuge ( à noter que j'ai eu beaucoup d'hallu-refuges mais là il y était). Sauf que c'est celui de Ciotullu,  l'étape d'avant mon objectif. Et personne ne m'avait parlé de cette p***** de montée!!! Changement de plan. Atteindre celui là. Tant pis pour la réservation de l'autre. Tant pis pour mon avion du lendemain que je raterai certainement vu que j'aurais une étape en plus. J'envisage même de m'arrêter dormir sur place. Là. Par terre sur le chemin. Mais j'affronte ce mur et à 19h30, (après 58 km et 3700 soit beaucoup plus que prévu dans les topos) je suis au refuge.  Deux gars adorables m'accueillent chaleureusement, et j'étais partie pour prendre une tente mais ils me certifient l'absence de punaises dans le refuge! Je les crois. Le repas est fini, mais ils m'invitent à partager leur superbe potée aux lentilles ⯑. Décidément les Corses sont vraiment des crèmes ⯑. Et incroyable, je dors sans nouvelles piqures! (Bon j'ai tout inspecté et je me suis tartinée de répulsif...). Lever 5h, on m'offre le petit dej avant tout le monde, encore du grand luxe! Je decolle donc nuit noire, et vois le soleil se lever sur la premiere étape, qui me mène en 2h au refuge où j'aurais dû dormir. Mais ça à l'air moins sympa, aucun regret ⯑. Je commence l'ascencion du monte Cintu, étape tant redoutée par tous. Et finalement ça se passe plutot très bien, la forme y est, si bien qu'en 3h pile poil je suis au refuge de l'Asco! Cette étape est je pense beaucoup plus facile dans le sens Sud Nord, parce qu'on monte en escalade et on descend dans un pierrier ( quelle régalade!), l'inverse devant être beaucoup moins rigolo!  Je fais une vraie pause repas, on m'aura pas 2 fois! Je repars pour une étape que je pensais simple, mais bizarrement... non. Néanmoins j'avance, et j'ai même espoir d'avoir mon avion à 20h à Bastia (on se raccroche à ce qu'on peut!). C'était sans compter l'étape d'après, qui n'en finit plus. J'ai pourtant opté pour l'option "cirque de Bonifatu", censée être un peu plus longue mais beaucoup plus roulante. J'ai pas été déçue. J'arrive donc à 16h15 au dernier refuge. Le der des der! Plus que de la descente! Wouhou! Avec un peu de chance ça roule et à 18h je suis en bas! Limite pr l'avion mais peut etre bon pour le ferry de 19h ⯑! Et quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur... une traversée à flanc de falaise on ne peut moins roulante!!! C'est pas grave j'avance. Je ne pense plus. J'avance. Et je tombe sur cette magnifique chèvre sur son rocher. Elle me parle et me redonne de l'espoir! Et miracle, on dirait que ça y est on peut courir!!! Ça dure au moins 200m. Puis rochers. Cette fois j'abandonne. Je cueille toutes les mûres que je vois, comme un élan de rébellion auto-destructrice. Je dormirais a Calvi un point c'est tout. Après tout c'est sympa Calvi. Et je le laisse descendre, machinalement, jusqu'à Calenzana, ma bien aimée. J'aboutis dans le village la larme à l'oeil, et souris béatement à un Corse assis dans son jardin, qui ne semble pas partager mon émotion. Il ne me reste plus qu'à rejoindre Calvi, ce qui devient possible après une bonne vingtaine de vents en stop, décidément je préfère de loin le Corse des montagnes ⯑!!!

J'ai appris beaucoup de choses de cette aventure. Au total à peu près 44h30 pour 190 km et 12500 de deniv au compteur...Le gr20 c'est dur, très dur. Mais ça vaut vraiment le coup. Au final je ne regrette pas du tout mon choix pour le sens, je pense par contre que les étapes sont très différentes dans un sens ou dans l'autre pour un coureur. J'ai béni ce choix autant de fois que je l'ai haï.

En terme d'organisation, j'aurais dû plus anticiper l'argent, et ces p***** de punaises, mais au final, n'est ce pas un mal pour un bien? Sans ça, j'aurais probablement pu finir en 3 jours. Les 2 étapes du mardi matin étaient techniquement facilement répartissables sur les 3 jours. Mais au prix d'une souffrance physique et mentale importante je pense. Et surtout au sacrifice de ces supers moments de partage corse qui je pense ont fait de cette aventure un vrai gr20. Pas sûre que le jeu en valait la chandelle, et je suis ravie que ça se soit passé comme cela. Je suis surtout très contente d'avoir su m'écouter un peu, et d'avoir appris encore sur moi-même. J'ai appris un peu le Corse, qu'un km la bàs c'est 900m, et que "roulant" pour eux ça veut probablement dire " chemin ou il y a des pierres qui roulent". Sur la route, j'ai pu discuter avec pas mal de marcheurs, et c'est fou comme leur aventure n'est pas la même. Peut être qu'ils admirent mon effort physique, mais moi j'enviais parfois un peu leur "vie de marcheur". Alors peut être qu'un jour je recommencerai, peut être dans l'autre sens, peut être pas seule, peut être un peu moins vite. Mais peut être alors qu'on ne sera pas aussi accueillant avec moi dans les refuges ⯑!

Merci à tous pour vos conseils (Perrine Scheiner, Nicolas Gouttevin, Nicolas Remack), Patrick Landais désolée je rêvais des lasagnes à la brousse mais je suis passée trop tôt! Si certains veulent plus de détails pour une aventure à venir n'hésitez pas. Et merci #randorunningmarseille #marseilletrailclub

CCC 2017 by MTC

Un grand bravo à nos coureurs de la CCC qui ont franchi l'arche à Chamonix !!

Francois et Philippe, vous êtes au top !!!

MTC Power !!!! ⯑⯑⯑⯑