Alpin trail de Pichauris by Damien

 

 

Je m’étais retenu de ne pas écrire de récit de course de ma Swiss Peaks 360 sous peine de publier un roman de 50 pages, mais là pour 80km, je m’y remets ! 😉

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Je parle bien du 80km de l’ Alpin Trail de Pichauris. Mais pourquoi ce trail, pourquoi cette distance ? un peu sur un coup de tête au retour de la Swiss Peaks sur proposition d'Eric Razzoli. Il est vrai que j’aime bien ce trail de fin de saison pour retrouver tous les amis avant la trêve hivernale (si ça existe encore ? ), mais quel c…..de se lancer sur un 80km sans aucune préparation.
La veille de la course j’entends encore Lisa me dire : « Mais tu as prévu un repas d’avant course quand même ? ». Effectivement, j’aborde ce trail un peu trop à la légère comme on prépare sa sortie du dimanche. Je commence à réaliser que 80 km ce n’est pas anodin et que même si je n’ai qu’un objectif, celui de profiter, ça va être dur physiquement.
 
Sur la ligne de départ, même s’il n’est que 4H00, je suis en forme et heureux de discuter avec tous les copains coureurs et blablater un peu de la course qui nous attend. Le départ est donné, je suis le peloton de tête pour me faire plaisir mais dès les premiers hectomètres je lève le pied car je reste lucide et sais que je suis actuellement loin d’être affuté pour rester devant. Je veux profiter de ma course sans trop souffrir. Je me régale à parcourir les sentiers de mon massif de l’Etoile de nuit que je connais par cœur. Je ne regarde presque pas le balisage tellement ces chemins sont familiers mais cela ne m’empêche quand même pas avec l’euphorie de groupe de m’égarer à deux reprises. Ce n’est pas grave, on n’est pas à la minute, l’objectif du jour est de se faire plaisir. En pleine obscurité, je tombe sur Maggy, 1iere féminine, qui a besoin qu’on l’éclaire pour changer sa batterie de frontale. Elle me demande de l’aide, je prends mon temps, m’arrête et lui file un coup de main avec plaisir. Au ravito, je tombe sur Laurence qui aide les bénévoles et attend Albé pour lui faire son assistance. On blague, je profite du ravito.
 
Le jour se lève quand je monte vers le Pilon du Roi, mon caillou ! Je suis heureux d’y passer avec un dossard sur la poitrine. En revanche, coté musculaire ça commence à faire mal. On a fait que 25km mais j’ai mal partout. Je me focalise sur mon prochain objectif, le second ravito ou là encore je retrouve Laurence, et on reblague, je reprofite du ravito, histoire de me remonter le moral. C’est reparti dans les collines de l’Etoile. Vu que je connais bien c’est encore plus dur mentalement. Je peste contre Eric qui nous fait prendre les descentes les plus pourris du secteur : c’est hyper raide, ça glisse ! Péniblement j’arrive enfin au domaine de Pichauris, au KM47, pour le ravito de mi-course. Je prends ça pour une base vie et me dis que ça fera du bien au moral : je me pose, prends le temps de discuter avec tous les copains qui sont venus nous encourager. Bref je profite de ma ballade. Il reste encore 30km qui vont être dur à gérer et je sens que je vais beaucoup marcher vu la fatigue. Du coup je décide d’attendre quelques minutes pour partir avec Julien qui prend le relais d’Abdé (tous les deux font la course en relais) et qui me servira de lievre. Au bout de quelques minutes il arrive et me voilà reparti avec « Copain Julien » qui est tout frais. Je m’accroche pour suivre le rythme et nous passons en mode bla bla run. Peu à peu je sens qu’il allonge de plus en plus la foulée et part peu à peu devant. Il me motive mais je le laisse partir sous peine d’exploser en vol. Pas grave je suis content d’avoir partagé ces 8 km avec lui et une nouvelle course commence.
Je me retrouve alors seul pour les 20 derniers kilomètres avec mes douleurs musculaires qui s’amplifient. Et oui un 80km ça se prépare, même si on a fait une course de 360km deux mois avant ! 😊 Je passe alors en mode « ultra trail » et me mets dans ma bulle. J’adore ces moments car tout redevient plus facile, ton cerveau lâche, tu n’as plus de pression de classement, de stress, tu penses juste à profiter d’être là dans la nature, et challenger ton corps pour toujours essayer de relancer un peu, avancer un peu plus vite pour te battre avec toi-même.
Petit à petit, je reviens sur les derniers traileurs inscrits sur le petit parcours. Cela me permet de me distraire un peu et d’encourager chaque coureur que je double. L’arrivée se rapproche mais je suis presque triste car je suis bien dans ma bulle.
J’arrive alors sur le domaine de Pichauris,avec les copains qui sont toujours là pour m’accueillir ! Ça fait du bien tout de même de franchir la ligne après 11H30 d’effort (et de rentrer dans le top 20 au final !) et de savoir que l’on va pouvoir partager un bon moment d’après course avec eux ! Aujourd’hui je suis loin des premiers mais heureux d’avoir bouclé ces 80 kil’ tout en gestion et finalement avec beaucoup de plaisir.
 
Merci encore à tous les bénévoles, aux copains sur le parcours, et à Eric pour l’organisation de ce trail sans faille. Une belle journée de trail qui m’a chauffé à blanc pour reprendre les choses sérieusement et préparer une belle saison 2022 remplie de surprises !!!
 
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