Trail de Bourbon by Pierre

Compte rendu Trail de Bourbon, 22/10/2021 105k, 6300D+

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Samedi 23 Octobre 2021, 23h00, ça fait une heure qu’on a quitté le ravito de la Possession et qu’on a attaqué le fameux chemin des Anglais. « Tu vas voir cette partie, c’est roulant » me dit Adrien (le prénom n’a pas été modifé). Si par roulant il entend « des gros pavés espacés de 50cm avec des ornières partout pour se faire une cheville, dont aucun ne fait la même taille et qui ont été posés il y a 250 ans» alors oui c’est roulant… De toute façon ça fait un petit moment que je boite plus que je ne cours. Ma cheville gauche a enflé, j’ai un début de tendinite au releveur des orteils, et tout le pied s’enfonce dans la douleur à chaque pas. Alors courir… Et puis j’ai faim, mais j’ai pas envie de manger, et soif aussi, mais ma flasque pleine d’Isostar tiède ne me fais pas trop rêver. J’ai plutôt envie d’une bière… mais il reste 23km. Et puis j’ai sommeil, mais je n’ai pas réussi à dormir un peu plus tôt, et puis j’ai mal un peu partout, et puis qu’est-ce que je fous ici bordel… bon allez plus que 22km et la bière!!!!

Trois mois plus tôt, lors d’un barbecue...

Après 3 pastis, 5 verres de rouge et 3 de blanc, Adrien vient me voir : « Au fait je suis inscrit au Bourbon, ça te dit pas de courir avec moi ? (T’inquiètes, c’est roulant)». Adrien c’est un copain qui habite sur place, il l’a déjà courue deux fois cette course, son aplomb et l’alcool aidant, j’accepte. Passé la gueule de bois du lendemain, je me connecte par curiosité au site du Grand Raid, et là, signe évident du karma, ils viennent de remettre des dossards en vente le matin même pour le trail de Bourbon. Le temps de choper ma carte bleue, d’envoyer un message à Adrien (le prénom n’a pas été modifé) et ça y est je suis inscrit. 105 kilomètres. Mais pourquoi ? Mais pourquoi pas ?

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Vendredi 22 Octobre 2021, 19h00. Avec Adrien , on vient d’arriver à Cilaos d’où part la course à 21h00. On a pris le car pour monter, pas de chance, Jean-Marie Vatanen, le chauffeur, grand fan de Fast & Furious, essayait justement ce soir-là de peter son record Strava de montée, et la route tourne, beaucoup. J’ai la gerbe mais au moins je suis en vie. Bon, on a deux heures à tuer avant le départ. Pendant que le speaker essaie de meubler comme il peut (ça doit pas être un boulot facile ça, speaker de course), je mange un Tupperware de rizlentilles tièdes et essaie de faire un petit nap. Allez plus que 30 minutes avant le départ, la pression commence à monter. Un dernier pipi et direction les sas de départ. Cette année, avec le protocole sanitaire, le départ se fait en 3 vagues espacées de 10 minutes Adrien est en vague 2, je suis dans la vague 1, zut raté. Bon tant pis, je partirai doucement et j’attendrai qu’il me rattrape. De toute façon, je ne suis pas à 10 minutes près, et courir 100 bornes tout seul, non merci.

Instant émotion, musique épique, tous les bras en l’air, frontale allumée et tout et tout et bam !!! C’est le départ. Ça part fort devant, 6 kilomètres de route en montée douce, chuis chaud, je vais essayer quand même de les accrocher pour voir. Ah non c’est vrai j’attends Adrien . Bon, je laisse passer tout le monde, je ralentis et j’attends tranquillement. Avec son mètre 95, ses grandes jambes et ses chaussettes de compression jaune fluo, il court vite sur le « plat » il ne devrait pas tarder. Il me rattrape juste à la fin de la route, avant d’attaquer les choses sérieuses sur la montée du sentier du gite du Piton des Neiges. Le sentier devient étroit, il y a du monde, ça bouchonne, ça pousse un peu, ça double, on redouble, mais dans la bonne humeur et toujours avec respect, ou presque. Pas de bol pour ceux qui sont derrière moi, le rizlentilles fait un sacré effet, et ça sent pas très bon. Note à moi-même : pas de lentilles avant une course. 2h et 1000m de D+ derrière, on arrive au premier ravito : le gite du Piton des Neiges. Et là, instant de panique : COMMENT ÇA PAS DE TUCS???? Un ravito sans Tucs, c’est possible ça ? Bon, les bénévoles sont sympa et il y a du bouillon de poulet aux vermicelles, ça ira pour cette fois. Après un classique « vous avez fait le plus dur, encore une descente et vous y êtes presque ! » de la part des bénévoles, on se remet en route pour Hell-Bourg. Hell-Bourg ça sonne un peu comme Hellfest. Ils auront peut-être de la bière au frais qui sait ? La descente vers Hell-Bourg est plutôt sympa et presque roulante ! La première partie est très boueuse, ça glisse sévère, il y a beaucoup de monde, ça bouchonne quand il faut passer des échelles. Merde le mec devant moi vient de se faire une cheville, allons-y mollo. La deuxième partie est plus classique, je peux enfin envoyer un peu. Adrien est juste devant. Avec ses chaussettes jaune fluo, je ne peux pas le rater.

Hell-Bourg, 3h00 du matin. Bon finalement ça n’a rien à voir avec le Hellfest. Il n’y a pas de bière au frais, mais le ravito dans le gymnase de la ville est top. Il y a des banc, on peut s’assoir au chaud, les bénévoles sont super sympas et s’occupent du remplissage des gourdes. J’avale un super cookie maison (je partage à recette à qui veut !), un (petit) café (faut pas pousser, les lentilles viennent juste de finir leur effet) et c’est reparti après le traditionnel « vous avez fait le plus dur, plus qu’une montée, courage! ». Après une petite descente, 1300m de D+ et 22km, on arrive au lever du soleil au ravito de la Plaine des Merles. Toujours pas de Tucs, décidément… mais des bénévoles toujours aussi sympas (vous avez fait le plus dur! Ça descend devant! courage!) et du bouillon aux vermicelles. C’est marrant je n’ai pas trop de souvenirs de cette partie de la course. J’étais dans mes pensées, à chanter Big Bisous de Carlos, en boucle dans ma tête, ça fait passer le temps. Adrien est toujours là, petit coup de mou, je prends le relai, j’ai les jambes fraiches, je me sens bien. Au moins je ne vois plus ses horribles chaussettes jaunes fluo. Et puis j’ai toujours Big Bisous dans la tête…

On passe le col de Fourche, le soleil se lève sur le cirque de Salazie derrière nous, c’est beau. On bascule sur le cirque de Mafat, c’est beau. Plus que 3km et on arrive à Marla, c’est beau. Il est 7h30, on décide de se poser 20 minutes. Deux gobelets de bouillon aux vermicelles, une assiette de pâtes et c’est reparti. La température commence à grimper. Il n’y a pas un nuage, il va faire chaud, très chaud, mais c’est beau. Cette partie dans le cirque est presque roulante, ça change ! On arrive vers 10h à Roche Plate, c’est beau, km52, mi-course! Il fait vraiment chaud, on a été obligés de ralentir. Je suis à sec, mes flasques sont vides. Petit problème de logistique, au ravito… il n’y a plus d’eau. Car à Mafate, il n’y pas de route, les livraisons se font par hélico. La chaleur extreme et inhabituelle pour cette période de l’année (35° à l’ombre) n’était pas vraiment au programme. L’organisation n’avait pas anticipé, et le ravito se retrouve à sec en attendant la prochaine livraison par hélico. Forcément ça gueule un peu. D’autant plus qu’on vient de rejoindre le parcours du Grand Raid (160km) et que ben eux, ça fait 48h et 100 bornes qu’ils sont en course, ils sont pas très frais, ne sentent pas très bon et en ont marre de boire du Coca tiède. Il y a un robinet un peu plus bas sur le parcours, à 3km, le coca tiède fera l’affaire en attendant. En revanche, j’ai une douleur qui commence à apparaître sur le dessus du pied gauche. C’est bizarre, je n’ai jamais eu mal là auparavant, même sur mes sorties longues de 50 ou 60km. J’enlève ma chaussure, je masse un peu, ça pique. C’est pas bon signe, le tendon commence à être un peu gonflé, et ça pique sévère quand l’appuie dessus. Quel boulet, j’ai du trop serré mes lacets au départ, le frottement a engendré un début de tendinite. Il reste 54km, c’est mal barré. Je sais qu’au prochain gros ravito, au km68, il y a un stand kiné. J’essaierai de passer les voir. En attendant je desserre ma chaussure, et je serre les dents. Du coup le moral en prend un peu un coup. Abandon cause laçage, ça le fait vraiment pas bordel. Heureusement Carlos est toujours là, Big Bisous. Adrien aussi est là, mais il n’est pas trop fan de Carlos, il a des chaussettes jaune fluo et il a chaud.

Ces 14km jusqu’à Deux Bras, sont assez difficiles. La douleur au pied m’a fait oublié la chaleur. C’est vraiment dommage, car à part ça je me sens super bien, j’ai beaucoup mangé à chaque ravito, et en dehors de l’incident lentilles, ça se passe super bien niveau gastrique. Ma glycémie est stable et mes jambes encore fraiches ! J’essaie d’accélérer un peu dans une descente roulante, mais arrivé en bas, j’ai l’impression qu’un petit gnome s’amuse à m’enfoncer une aiguille à tricoter dans le pied à chaque pas. C’est vraiment mal barré, on verra ce que disent les kinés. Quelques kilomètres avant l’arrivée au ravito de Deux Bras, l’organisation a dévié le parcours en raison de la chaleur. Plutôt que d’emprunter le pont, ils nous font traverser la rivière à guet un peu plus bas. Sacrément bonne idée, ça rattrape le manque d’eau et le coca tiède. L’eau est fraiche, tout le monde s’arrête pour se rafraichir, on dirait les gorges d’Ardèche un 15 Aout. Je pose mes affaires et je m’allonge dans l’eau. Ça fait du bien, je suis bien, trop bien, jamais je vais pouvoir repartir. Je reste 15 minutes comme ça, à attendre Adrien que j’ai largué dans la descente, il a chaud et un début de TFL.

Allez fini les vacances, on se remet en route pour Deux Bras. Arrivés vers 14h30, on mange un rougail-saucisse et je fais la queue pour les kinés. De toute façon on a décidé de faire une grosse pause ici en attendant que la chaleur passe. Juste après Deux Bras, il y a la montée de Dos d’Ane. 800 D+ en plein cagnard, on va attendre un peu... La kinée n’a pas l’air affolée, effectivement ça ressemble à une tendinite, mais avec un bon massage, un bout de tape et en desserrant bien la chaussure ça devrait passer. Effectivement, elle avait raison, ça va beaucoup mieux, merci madame! A ce ravito, on avait la possibilité de récupérer nos sacs de change. J’en profite pour changer de chaussures, on sait jamais, ça peut aider. Je fais gaffe à ne pas trop serrer, et je change de chaussettes aussi. Pas Adrien . 16h30, on attaque la remontée de Dos d’Ane. 800 D+ sur 4km, ça pique sévère et il fait toujours très chaud. Jusqu’ici je n’avais pas eu trop de souci avec la chaleur, mais là quand même, ça pique. On arrive quand même à garder un bon rythme, et on arrive pile pour le coucher de soleil à 18h00 à Dos d’Ane. Là c’est la fête, 18h00 un samedi soir, tout le village est dans la rue à boire l’apéro à l’ombre des tonnelles. Pour nous, la binouse c’est pas pour tout de suite. On envoie un texto aux filles : rdv Ratineau dans 30 min.

Les filles, c’est Simone, Véro et sa fille Nour (les prénoms n’ont pas été modifiés) Elles pourraient être tranquillement au bord de la piscine en train de s’envoyer un petit rosé (ou un champomy pour Nour), mais non elles ont bravement traversé l’ile pour faire l’assistance à deux mecs qui puent, qui sont debout depuis plus de 24h et dont l’haleine est un mélange de bouillon de poulet, de Cliff bar, de gel framboise-café, de rougail-saucisse et de coca tiède. Ça vend pas du rêve, mais c’est ça l’amour. Elles ont assuré les filles, elles nous ont amené du pain et du fromage, des compotes et un gâteau patate (le gateau patate, c’est une spécialité locale, comme un Kouignamann, mais en pire) et surtout, surtout, de l’eau fraiche. A l’eau et au coca tièdes depuis la veille, ça fait du bien d’avaler un truc frais. Elles nous ont aussi amené des tapis de sol et des duvets, histoire de faire une sieste. Il ne reste « que » 30km, je me sens bien, je n’ai plus (trop) mal au pied, j’ai envi de continuer, mais Adrien a besoin de se poser un peu. On s’allonge 45min, impossible de dormir pour ma part, je suis trop excité, et le coeur ne descend pas sous les 90. Pas grave, c’est toujours ça de pris pour reposer les jambes.

Bisous aux filles et direction la Possession, 10 km plus loin, dernier gros ravito avant l’arrivée (Bravo vous avez fait le plus dur, plus qu’une montée et c’est l’arrivée, allez courage!) Bien reposés, on enchaine les 10km en 2h, ce qui n’est pas trop mal compte tenu du terrain pas vraiment roulant. A la Possession, c’est la grosse teuf. Tout le monde est dans la rue et acclame les coureurs, une bière à la main. Les filles sont encore là ! C’est vraiment sympa, ça sent l’arrivée. Je recommence à avoir mal au pied. Avec ma chaussure desserrée, j’ai des échauffements et des ampoules, pas cool. J’avale une assiette de pâtes. Décidément, à part le souci d’eau dans Mafat, tous les ravitos sont au top (sauf pour l’absence de Tucs bien sûr). À ce moment là, ça fait 24h qu’on est en course et je n’ai pas vraiment envie d’y retourner. Il faut la meilleure volonté du monde pour ne pas s’affaler sur une chaise, pépouse, une binouse à la main. Il reste 20km, c’est rien, allez bouge toi le cul.

Re-bisous aux filles et c’est reparti. Le fameux chemin des Anglais. Celui qui te fait croire que ça va être roulant parce que t’as vu des vidéos de François D’Haene gambader sourire aux lèvres (sauf qu’à cette heure ci, Francois est déjà douché et au lit), celui-là même qui fournit 50% de la clientèle aux kinés de l’île, avec ses putains de pavés et ses ornières dégueulasses. L’attaque de la deuxième nuit est dur pour le mental. Si jusqu’à présent la balade était sympa, là j’en ai marre, j’ai envie d’aller me coucher et j’ai mal aux pieds. Heureusement, Adrien a repris du poil de la bête et me motive à continuer. Finalement il passe plutôt bien ce chemin des Anglais. Big Bisous est toujours là, c’est mon mantra. En revanche, impossible de courir, même en descente, j’ai vraiment mal à mon pied. Adrien c’est pareil avec son TFL. On attaque la montée du Colorado. Là pour le coup, on tombe enfin sur des bénévoles qui ne racontent pas n’importe quoi : « Bravo, vous avez fait le plus dur, plus que 400 de D+ et c’est le sommet ! ». Attends 400 D+ ? Ma montre me dit 150, c’est quoi ce bordel ? Finalement, c’était bien 150. Et d’ailleurs, ça devrait être dans les règlements ITRA : interdiction aux bénévoles de donner des indications sur le parcours, sous peine d’amende à régler en paquets de Tucs.

Dimanche, 2h58, après 30h de course, on arrive au sommet du Colorado. 3km et 700 D- c’est tout ce qui nous reste. Là, enfin, on se dit que c’est la fin. On se laisse gagner par l’euphorie, on profite de notre dernier ravito. Pour un peu, on a pas envie de finir, on était bien là pendant 30h, à profiter du paysage, à discuter de tout et de n’importe quoi, à chanter Big Bisous dans sa tête, à manger à l’oeil au ravitos et à boire du Coca chaud. On ne veut pas retourner au monde réel des tableaux Excel et des réunions Zoom. Et puis c’est sympa ici ils ont des croissants et du café. Ils ont même des lits de camps et des tentes pour ceux qui veulent passer la nuit et attendre le lever du soleil pour l’arrivée à St-Denis. ET ILS DISENT LA VERITE, EUX : « Bravo les gars, vous avez fait le plus dur, dernière descente et vous êtes arrivés » pour une fois c’est vrai! Allez c’est parti, dernière descente, assez technique. Du cailloux et de la racine. D’habitude plutôt à l’aise en descente, là je fais pas trop le malin. Mon pied gauche est tout gonflé, et j’ai l’impression que ma semelle intérieure est faite de papier de verre grain 40. Impossible de courir. Allez encore un petit effort et c’est la binouse.

Voilà ça y est c’est là, on arrive, St-Denis, le bitume, le stade, la foule. Ah non pas la foule ? Ben il est quand même 4h30 du matin, les champions, les vrais, sont arrivés samedi après-midi… Mais c’est pas grave, les filles sont là!! Entrée du stade, allez il faut courir. C’est important de courir à l’arrivée. Ça fait 18h que je marche, mais une photo finisher avec un mec qui marche, ça fait pitié, il faut bien se l’avouer. Et puis pour se la raconter sur Strava et avec les copains du club, ça aura quand même plus de gueule si je cours ! Alors je serre les dents et je cours sur les derniers 100m (20m en vrai), comme ça j’aurai la classe sur les photos. Flash Flash !!! Ça y est c’est fini ! On se regarde avec Adrien , putain mec ça y est on l’a fait ! Je vais pouvoir me la peter pendant 6 mois avec mon t-shirt finisher ! Simone, Véro et Nour (les prénoms n’ont pas été modifiés) sont là aussi, tout sourire malgré la nuit pourrie qu’on leur a imposée et le rosé-piscine raté. Merci, c’est beau l’amour, on vous aime, sans vous on ne serait pas là (on serait surement au bar à la Possession). Au final : 357eme/780 finishers (et 400 abandons !!!!)

Et maintenant, la BINOUSE !!!

Big Bisous, Pierre

 

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Ce que je retire de cette expérience :

- Courir seul c’est sympa. Courir à deux c’est chiant quand l’autre a des chaussettes moches. Mais courir à deux ça permet d’aller au bout. Honnêtement, je n’ai pas vu le temps passer, et grâce à toi Adrien, on l’a fait ! Merci de m’avoir supporté quand je râlais pour mon pied, merci de m’avoir attendu quand je me faisais rafistoler le pied. Merci d’avoir fait semblant de rigoler à mes blagues pourries. Merci pour ta bonne humeur et ta générosité et surtout, merci à toi de m’avoir embarqué dans cette aventure ! Je te pardonne pour les chaussettes.

- Merci à vous, Simone et Véro pour l’assistance. Franchement si ça avait été moi, j’aurai voté pour l’option rosé-piscine. Mais vous étiez là quand on en a eu besoin !

- Manger c’est important. Mais vraiment beaucoup. Je n’utilise pas de gels en course, je n’aime vraiment pas ça, trop sucré, et je me suis rendu compte que sur mes courses d’avant, je ne mangeais pas assez et ça me coupait les jambes au km40. Là à chaque ravito, je me suis envoyé deux bols de bouillon-vermicelles. C’est salé, c’est des sucres lent, ça hydrate, c’est parfait. Quelques cookies maisons et pas mal de Cliff Bars. Et des vrais « repas » aux ravitos qui en proposaient : pâtes et rougail-saucisse. En mangeant en continu, ma glycémie est restée stable et je n’ai pas eu la nausée, j’ai gardé mes jambes. Je ferai pareil la prochaine fois (sauf les lentilles).

- Finalement, le fait d’être parti tranquille, sans autre objectif que de finir, m’a permis de tenir la forme jusqu’au km80. A aucun moment jusqu’à la Possession je n’étais vraiment dans le dur, et j’ai pu profité des paysages magnifiques et des ravitos super sympas. Au total, j’estime le temps passé aux ravitos à 5h. C’est beaucoup, c’est sur, c’est un point d’amélioration certes, mais au moins on a fini!

- Le terrain à la Réunion est tout sauf roulant. C’est la montée de Marseilleveyre, mais sur 105km. Toutes mes estimations de temps de passage étaient fausses du coup. L’amour propre en prend un coup, mais il faut accepter de marcher très (très) souvent.

- La prochaine fois je prendrai un peu plus de temps pour le laçage des chaussures. Mine de rien un tout petit détail m’a pourri la moitié de la course et j’ai failli abandonner à cause de ma bêtise. Leçon retenue.